Kératoacanthome : une tumeur cutanée à croissance rapide
Le kératoacanthome est une tumeur cutanée qui apparaît généralement en quelques semaines. Son évolution rapide impressionne souvent les patients.
Bien qu’il puisse parfois régresser spontanément, il est très difficile de le différencier d’un carcinome épidermoïde invasif sans analyse anatomopathologique. C’est pourquoi la majorité des kératoacanthomes sont traités comme un cancer cutané jusqu’à preuve du contraire.
Grâce à la dermoscopie, à la biopsie et, le plus souvent, à une exérèse chirurgicale, il est possible d’obtenir un diagnostic précis et un traitement efficace.
Au cabinet du Dr Fabrice Catenacci, chaque lésion suspecte est examinée avec un dermatoscope afin de déterminer la meilleure stratégie diagnostique et thérapeutique.

Les points essentiels
Le kératoacanthome apparaît très rapidement, en quelques semaines.
Il se présente sous la forme d’un nodule en dôme avec un bouchon central de kératine.
Il ressemble fortement à un carcinome épidermoïde.
Une biopsie ou une exérèse est généralement nécessaire.
Le traitement de référence est l’exérèse chirurgicale.
Le pronostic est excellent après traitement.
Qu’est-ce qu’un kératoacanthome ?
Le kératoacanthome est une tumeur développée à partir des kératinocytes, les cellules principales de l’épiderme.
Pendant longtemps, il a été considéré comme une tumeur bénigne en raison de sa capacité à régresser spontanément. Aujourd’hui, la plupart des spécialistes le considèrent comme une forme particulière de carcinome épidermoïde bien différencié, car il est souvent impossible de le distinguer avec certitude d’un véritable carcinome épidermoïde invasif.
Par prudence, il est donc habituellement traité par exérèse chirurgicale.
Qui est concerné ?
Le kératoacanthome touche principalement :
- les personnes de plus de 50 ans ;
- les hommes un peu plus souvent que les femmes ;
- les personnes à peau claire ;
- les sujets exposés au soleil de façon chronique.
Les facteurs de risque
Les principaux facteurs favorisant son apparition sont :
L’exposition solaire
Le principal facteur de risque.
Les zones exposées sont les plus concernées :

- visage ;
- oreilles ;
- cuir chevelu ;
- avant-bras ;
- dos des mains.
L’âge
Le risque augmente progressivement avec les années.
L’immunodépression
Les patients greffés ou immunodéprimés présentent davantage de kératoacanthomes.
Les traumatismes cutanés
Certaines lésions apparaissent sur :
- une cicatrice ;
- une brûlure ;
- une plaie ancienne ;
- après une intervention cutanée.
Comment reconnaître un kératoacanthome ?
Le signe le plus caractéristique est son évolution très rapide.
En quelques semaines apparaît :
- un nodule arrondi ;
- ferme ;
- bien limité ;
- en forme de volcan.
Au centre se développe un bouchon de kératine jaunâtre ou brunâtre.
La taille atteint souvent :
- 1 à 3 cm.
La peau autour est rouge ou rosée.
Contrairement au carcinome basocellulaire, les télangiectasies sont généralement discrètes.
Les symptômes
La plupart des patients décrivent :
- une boule qui grossit très vite ;
- une croûte centrale ;
- parfois une légère douleur ;
- parfois un saignement après un traumatisme.
Les localisations les plus fréquentes
Le kératoacanthome siège principalement sur :
- le visage ;
- le nez ;
- les joues ;
- les oreilles ;
- le cuir chevelu ;
- les avant-bras ;
- le dos des mains.
Les jambes sont plus rarement atteintes.
Les signes dermoscopiques du kératoacanthome

La dermoscopie est un examen incontournable dans l’évaluation d’une lésion cutanée à croissance rapide. Elle permet d’analyser des structures invisibles à l’œil nu et d’orienter le diagnostic avant une biopsie ou une exérèse.
Le kératoacanthome possède plusieurs caractéristiques dermoscopiques évocatrices, mais aucune n’est suffisamment spécifique pour éliminer avec certitude un carcinome épidermoïde invasif.
C’est pourquoi une confirmation histologique est le plus souvent nécessaire.
Au cabinet du Dr Fabrice Catenacci, toute lésion suspecte est examinée au dermatoscope avant toute décision thérapeutique.
Le bouchon kératinique central
Le signe le plus caractéristique est la présence :
- d’un cratère central ;
- rempli de kératine jaunâtre ou brunâtre.
En dermoscopie, cette kératine apparaît comme :
- une masse jaune ;
- des squames épaisses ;
- des structures kératosiques compactes.
Ce bouchon correspond à l’accumulation de kératine produite par les cellules tumorales.
Les structures blanches
Autour du cratère, on observe fréquemment :
- des zones blanches brillantes ;
- des lignes blanches ;
- des plages blanchâtres.
Ces structures traduisent une importante prolifération kératinocytaire.
Les vaisseaux
Les vaisseaux sont nombreux mais souvent irréguliers.
On retrouve notamment :
- vaisseaux en épingle à cheveux (hairpin vessels) ;
- vaisseaux linéaires irréguliers ;
- parfois des vaisseaux glomérulaires.
Ils sont généralement disposés autour du bouchon kératinique.
Les squames
Les squames sont presque toujours présentes.
Elles peuvent être :
- épaisses ;
- blanchâtres ;
- jaunâtres.
Leur abondance rend parfois difficile l’analyse des structures profondes.
Les signes évoquant un carcinome épidermoïde
La dermoscopie peut montrer des éléments inquiétants :
- ulcération importante ;
- vaisseaux polymorphes ;
- hémorragies ;
- kératine très abondante ;
- destruction du relief cutané.
Dans cette situation, le carcinome épidermoïde est fortement suspecté.
Une exérèse rapide est indiquée.
Pourquoi la dermoscopie ne suffit-elle pas ?
Malgré toute son utilité, la dermoscopie ne permet pas toujours de distinguer :
- un kératoacanthome ;
- un carcinome épidermoïde bien différencié.
Les deux lésions présentent de nombreux signes communs.
Le diagnostic définitif repose donc sur l’analyse anatomopathologique.
Le diagnostic différentiel
Le kératoacanthome peut être confondu avec plusieurs maladies.
Carcinome épidermoïde
C’est le principal diagnostic différentiel.
Les deux lésions sont parfois impossibles à distinguer cliniquement.
En pratique, un kératoacanthome est souvent traité comme un carcinome épidermoïde jusqu’à preuve du contraire.
Carcinome basocellulaire
Le carcinome basocellulaire présente généralement :
- une évolution beaucoup plus lente ;
- des télangiectasies arborisantes ;
- un aspect nacré.
Verrue vulgaire
Les verrues peuvent présenter :
- une hyperkératose importante ;
- des points noirs.
Leur croissance est beaucoup plus lente.
Kératose séborrhéique inflammatoire
Certaines kératoses séborrhéiques inflammatoires peuvent devenir très épaisses.
La dermoscopie montre alors :
- kystes cornés ;
- pseudo-ouvertures folliculaires.
Molluscum contagiosum géant
Rare chez l’adulte immunodéprimé.
Le diagnostic est généralement évident en dermoscopie.
Botryomycome
Le botryomycome est :
- rouge vif ;
- très vascularisé ;
- saigne facilement.
Il ne présente pas de bouchon kératinique.
La biopsie
Une biopsie est recommandée lorsque :
- le diagnostic est incertain ;
- la lésion mesure plusieurs centimètres ;
- une chirurgie importante est envisagée.
Toutefois, dans la majorité des cas, la lésion est directement retirée complètement.
Cette exérèse permet :
- de traiter la lésion ;
- d’obtenir le diagnostic définitif.
L’examen anatomopathologique

L’analyse microscopique permet :
- de confirmer le diagnostic ;
- d’éliminer un carcinome épidermoïde invasif ;
- de vérifier la qualité des marges chirurgicales.
Il s’agit de l’examen de référence.
Les traitements du kératoacanthome
Le traitement du kératoacanthome est recommandé dès le diagnostic, même si certaines lésions peuvent exceptionnellement régresser spontanément.
En pratique, il est souvent impossible de distinguer avec certitude un kératoacanthome d’un carcinome épidermoïde invasif, aussi bien cliniquement qu’en dermoscopie.
Par mesure de sécurité, la majorité des spécialistes considèrent qu’il doit être retiré complètement.
Le traitement est choisi selon :
- la taille de la lésion ;
- sa localisation ;
- l’âge du patient ;
- les antécédents médicaux ;
- les résultats de la biopsie lorsqu’elle a été réalisée.
L’exérèse chirurgicale : le traitement de référence

L’exérèse chirurgicale constitue aujourd’hui le traitement de référence.
Elle présente plusieurs avantages :
- elle retire complètement la tumeur ;
- elle permet une analyse anatomopathologique complète ;
- elle confirme le diagnostic ;
- elle élimine un carcinome épidermoïde invasif.
L’intervention est réalisée :
- sous anesthésie locale ;
- en ambulatoire ;
- en une vingtaine de minutes dans la plupart des cas.
Le prélèvement est systématiquement envoyé au laboratoire d’anatomopathologie.
Les marges chirurgicales
Les marges dépendent :
- de la taille ;
- de la localisation ;
- du résultat histologique.
En pratique, elles sont généralement comparables à celles utilisées pour un carcinome épidermoïde bien différencié.
L’objectif est d’obtenir des marges saines tout en conservant le meilleur résultat esthétique possible.
Les suites opératoires
Après l’intervention :
- un pansement est mis en place ;
- les douleurs sont habituellement modérées ;
- les fils sont retirés entre 7 et 15 jours selon la localisation.
Une cicatrice persiste mais devient généralement discrète avec le temps.
Le curetage
Pour certaines petites lésions très superficielles, un curetage peut être proposé.
Après anesthésie locale :
- la lésion est retirée avec une curette ;
- une électrocoagulation est réalisée afin de détruire les cellules résiduelles.
Cette technique est principalement réservée :
- aux petites lésions ;
- aux patients âgés ;
- à certaines localisations.
Elle est moins utilisée lorsque le diagnostic est incertain.
Les injections intralésionnelles
Chez certains patients ne pouvant être opérés, des injections directement dans la tumeur peuvent être proposées par des équipes spécialisées.
Les produits les plus utilisés sont :
- méthotrexate ;
- 5-fluorouracile.
Ces traitements permettent parfois une régression complète.
Ils restent réservés à des situations particulières.
La radiothérapie
La radiothérapie est rarement indiquée.
Elle peut être discutée :
- chez des patients très âgés ;
- lorsque la chirurgie est impossible ;
- pour certaines localisations complexes.
Faut-il toujours opérer ?
Dans la très grande majorité des cas :
Oui.
Même si certains kératoacanthomes régressent spontanément, il est impossible de prévoir lesquels.
De plus, attendre expose au risque de laisser évoluer un véritable carcinome épidermoïde.
C’est pourquoi l’exérèse est généralement privilégiée.
Après le traitement
Le résultat anatomopathologique permet de confirmer :
- qu’il s’agissait bien d’un kératoacanthome ;
- ou qu’il s’agissait finalement d’un carcinome épidermoïde.
Cette distinction est essentielle pour organiser le suivi.
Quel est le pronostic ?
Après exérèse complète :
✔ guérison dans l’immense majorité des cas ;
✔ récidive rare ;
✔ excellent pronostic.
Peut-il revenir ?
Une récidive locale est inhabituelle après une exérèse complète.
En revanche, les patients ayant développé un kératoacanthome présentent un risque plus élevé de développer :
- un carcinome épidermoïde ;
- un carcinome basocellulaire ;
- de nouvelles lésions liées au soleil.
Un suivi dermatologique régulier est donc recommandé.
Comment prévenir un nouveau kératoacanthome ?
La prévention repose essentiellement sur :
Protection solaire
- écran solaire SPF 50+ ;
- vêtements couvrants ;
- chapeau ;
- éviter les expositions prolongées.
Surveillance régulière
Consulter rapidement devant :
- une boule qui apparaît rapidement ;
- une lésion qui grossit en quelques semaines ;
- une croûte persistante ;
- une lésion qui saigne facilement.
Pourquoi choisir le Dr Fabrice Catenacci ?
Le Dr Fabrice Catenacci prend en charge :
✅ les lésions cutanées à croissance rapide ;
✅ la dermoscopie diagnostique ;
✅ les biopsies sous anesthésie locale ;
✅ l’exérèse des lésions cutanées ;
✅ le suivi des carcinomes cutanés.
Chaque lésion est analysée individuellement afin de proposer la stratégie la plus adaptée, en privilégiant à la fois la sécurité oncologique et le meilleur résultat esthétique.
Questions fréquentes sur le kératoacanthome (FAQ)
Le kératoacanthome est-il un cancer ?
Le kératoacanthome est une tumeur cutanée dont la nature exacte fait encore débat. Aujourd’hui, la plupart des spécialistes le considèrent comme une forme particulière de carcinome épidermoïde bien différencié ou, au minimum, comme une tumeur impossible à distinguer avec certitude d’un carcinome épidermoïde. C’est pourquoi il est généralement traité comme un cancer cutané.
Le kératoacanthome est-il grave ?
Le pronostic est excellent lorsqu’il est diagnostiqué et retiré rapidement. Après une exérèse complète, la guérison est obtenue dans la grande majorité des cas.
Peut-il disparaître tout seul ?
Oui, certains kératoacanthomes peuvent régresser spontanément en quelques mois.
Cependant, il est impossible de prévoir lesquels évolueront favorablement. En raison du risque de confusion avec un carcinome épidermoïde invasif, il est généralement recommandé de les retirer.
Pourquoi grossit-il si rapidement ?
Contrairement à la plupart des cancers cutanés, le kératoacanthome évolue très vite.
Il peut atteindre plusieurs centimètres en seulement quelques semaines.
Cette croissance rapide constitue l’un de ses principaux signes d’alerte.
À quoi ressemble-t-il ?
Le kératoacanthome apparaît comme :
- une boule ronde ;
- ferme ;
- en forme de volcan ;
- avec un bouchon central de kératine.
Est-il douloureux ?
Le plus souvent non.
Certaines lésions deviennent sensibles lors des frottements ou lorsqu’elles s’ulcèrent.
Est-il contagieux ?
Non.
Le kératoacanthome n’est pas une maladie contagieuse.
Est-il lié au soleil ?
Oui.
L’exposition chronique aux ultraviolets est le principal facteur de risque.
Qui développe un kératoacanthome ?
Principalement :
- les personnes de plus de 50 ans ;
- les hommes ;
- les personnes ayant une peau claire ;
- les travailleurs exposés au soleil.
Peut-il revenir après l’opération ?
Une récidive locale est rare après une exérèse complète.
Peut-on en développer plusieurs ?
Oui.
Certaines personnes présentent plusieurs kératoacanthomes au cours de leur vie.
Faut-il faire une biopsie ?
Parfois.
Dans de nombreux cas, la lésion est directement retirée complètement, ce qui permet à la fois le traitement et le diagnostic.
Une biopsie est-elle douloureuse ?
Non.
Elle est réalisée sous anesthésie locale et dure seulement quelques minutes.
L’opération est-elle douloureuse ?
Non.
Grâce à l’anesthésie locale, l’intervention est généralement indolore.
Vais-je garder une cicatrice ?
Oui.
Toute intervention chirurgicale laisse une cicatrice.
Le chirurgien veille toutefois à obtenir le meilleur résultat esthétique possible.
Combien de temps dure la cicatrisation ?
La cicatrisation est généralement obtenue en deux à quatre semaines.
La cicatrice continue ensuite de s’améliorer pendant plusieurs mois.
Les fils doivent-ils être retirés ?
Oui, selon leur nature et la localisation de la lésion.
Le retrait est généralement réalisé entre le 7ᵉ et le 15ᵉ jour.
Peut-on traiter sans chirurgie ?
Dans certains cas particuliers, oui.
Des traitements comme le curetage, les injections intralésionnelles ou, plus rarement, la radiothérapie peuvent être proposés.
La chirurgie reste toutefois le traitement de référence.
Pourquoi envoyer la lésion au laboratoire ?
L’analyse anatomopathologique permet :
- de confirmer le diagnostic ;
- d’éliminer un carcinome épidermoïde invasif ;
- de vérifier que la lésion a été retirée complètement.
Quelle est la différence avec un carcinome épidermoïde ?
Le kératoacanthome évolue généralement plus rapidement et possède un cratère kératinique caractéristique.
Cependant, la distinction est parfois impossible sans examen anatomopathologique.
Peut-on conduire après l’intervention ?
Oui.
Dans la plupart des cas, il est possible de reprendre une activité normale dès le lendemain.
Dois-je éviter le soleil ?
Oui.
Une protection solaire quotidienne diminue le risque de nouveaux cancers cutanés.
Faut-il surveiller toute sa peau ?
Oui.
Les patients ayant présenté un kératoacanthome présentent un risque accru de développer d’autres cancers cutanés.
Quand consulter ?
Consultez rapidement si vous observez :
- une boule qui grossit en quelques semaines ;
- une croûte persistante ;
- une lésion qui saigne facilement ;
- une plaie qui ne cicatrise pas.
